Tout savoir sur le congé de reclassement : Le guide complet !
– Congé de reclassement –
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Le congé de reclassement s’adresse aux salariés licenciés pour motif économique dans les entreprises d’au moins 1 000 salariés. Il s’agit d’un dispositif obligatoire pour l’employeur dans ce cadre précis. Son objectif est clair : sécuriser votre parcours professionnel après un licenciement qui n’est pas lié à votre personne.
Pendant le congé de reclassement, vous conservez votre statut de salarié et l’ensemble de votre protection sociale : retraite, assurance maladie, maternité, invalidité et accidents du travail. Vous êtes accompagné par une cellule d’accompagnement externe chargée de vous aider à définir et concrétiser un nouveau projet professionnel (qu’il s’agisse d’un retour rapide à l’emploi ou d’une reconversion).
La durée du congé de reclassement varie entre 4 et 12 mois selon les modalités fixées par l’employeur. Sur le plan financier, vous percevez soit votre rémunération habituelle lorsque la durée correspond au préavis, soit une allocation mensuelle lorsque le congé dépasse le préavis. Cette allocation est encadrée par la loi : au minimum 65 % de votre salaire brut moyen des 12 derniers mois avec un plancher fixé à 85 % du SMIC.
Le congé de reclassement est entièrement financé par l’employeur. Les actions mises en place (bilan, formation, VAE, suivi) n’entraînent aucun coût pour vous, mais impliquent un engagement réel de votre part. En pratique, ce dispositif constitue un levier structuré et encadré pour rebondir après un licenciement économique, à condition d’en mesurer précisément les impacts sur votre rémunération et vos contraintes quotidiennes.
Qu’est-ce que le congé de reclassement ?

Le congé de reclassement est un statut juridique spécifique accordé à certains salariés licenciés pour motif économique. Il s’applique lorsque le licenciement n’est pas lié à la personne du salarié, mais résulte de difficultés économiques, de mutations technologiques ou d’une réorganisation nécessaire à la sauvegarde de l’entreprise.
Le congé de reclassement n’est ni une simple mesure d’aide, ni une période d’attente avant le chômage. Il s’agit d’un dispositif encadré par le Code du travail qui organise une transition professionnelle sécurisée. Pendant cette période, le salarié reste juridiquement lié à son employeur et bénéficie d’un accompagnement structuré vers le retour à l’emploi ou la reconversion.
À qui s’adresse le congé de reclassement ?
Le congé de reclassement s’adresse exclusivement aux salariés licenciés pour motif économique dans des structures d’une certaine taille. Il est obligatoire pour l’employeur lorsque les seuils suivants sont atteints :
- entreprises ou établissements comptant au moins 1 000 salariés ;
- groupes d’entreprises de dimension communautaire atteignant ce même seuil ;
- unités économiques et sociales (UES) dont l’ensemble des entités emploie au moins 1 000 salariés.
En dessous de ce seuil, le congé de reclassement ne s’applique pas. Les salariés concernés relèvent alors d’un autre dispositif, le contrat de sécurisation professionnelle (CSP). Cette distinction est essentielle, car elle détermine vos droits, votre statut et votre niveau de rémunération après un licenciement économique.
À quoi sert le congé de reclassement ?

Le congé de reclassement a un objectif central : éviter une rupture professionnelle brutale après un licenciement pour motif économique. Il transforme une situation subie en période active de transition, structurée et encadrée. Vous ne passez pas directement de l’emploi au chômage. Vous entrez dans un dispositif conçu pour organiser votre rebond professionnel.
Concrètement, le congé de reclassement sert à préparer et sécuriser votre retour à l’emploi. Il permet d’analyser votre parcours, d’identifier vos compétences réelles et de définir un projet professionnel cohérent avec le marché du travail. Cette étape est clé. Les experts s’accordent sur un point : les reconversions ou retours à l’emploi réussis reposent presque toujours sur un diagnostic clair en amont, et non sur une recherche improvisée.
Le congé de reclassement sert aussi à vous donner du temps utile, sans perte immédiate de statut. Pendant cette période, vous restez salarié, avec une protection sociale maintenue et une rémunération encadrée. Ce cadre réduit la pression financière à court terme et permet de se concentrer sur des actions concrètes : formation ciblée, validation des acquis de l’expérience, repositionnement sur un nouveau métier ou retour rapide à un poste équivalent.
Enfin, le congé de reclassement joue un rôle de sécurisation globale du parcours. Il vise à limiter les périodes de chômage prolongées après un licenciement économique, en structurant les démarches et en les finançant intégralement par l’employeur. L’enjeu n’est pas théorique : il s’agit de réduire le délai de retour à l’emploi et d’augmenter les chances de retrouver un poste aligné avec votre profil et vos objectifs professionnels.
Quel est le statut du salarié pendant le congé de reclassement ?

Pendant toute la durée du congé de reclassement, vous conservez pleinement votre statut de salarié. Ce point est central. Le contrat de travail n’est pas rompu immédiatement. Il se poursuit selon un calendrier précis, incluant le préavis et, le cas échéant, la durée totale du dispositif.
Concrètement, cela signifie que vous continuez à bénéficier de l’ensemble de la protection sociale liée au statut salarié. Vos droits à la retraite restent ouverts. Vous êtes couvert pour l’assurance maladie, la maternité, l’invalidité et les accidents du travail, y compris ceux pouvant survenir pendant les actions menées dans le cadre du congé de reclassement. Il ne s’agit pas d’un statut intermédiaire ou dégradé. Les droits sont maintenus dans leur intégralité.
Le congé de reclassement implique également un accompagnement obligatoire par une cellule spécialisée, le plus souvent un cabinet externe mandaté par l’employeur. Cet accompagnement n’est pas symbolique. Il repose sur un suivi individualisé, formalisé par des documents contractuels, et orienté vers des actions concrètes : définition d’un projet professionnel, formations ciblées, démarches de repositionnement sur le marché de l’emploi.
Enfin, il est important de comprendre que ce statut s’accompagne d’engagements réciproques. Vous bénéficiez d’un cadre protecteur et financé par l’employeur. Vous devez participer activement aux actions prévues. En cas de non-respect de ces engagements, l’employeur peut mettre fin au congé de reclassement. Cette exigence fait partie intégrante du dispositif et explique pourquoi il est considéré comme un outil actif de sécurisation du parcours, et non comme une simple période d’attente.
Quelle est la durée du congé de reclassement ?
La durée du congé de reclassement est encadrée par la loi. Elle est comprise entre 4 et 12 mois selon les modalités fixées par l’employeur. Cette durée n’est pas choisie au hasard. Elle doit permettre de mener des actions réelles et efficaces de retour à l’emploi ou de reconversion professionnelle.
Dans certains cas précis, le congé de reclassement peut être d’une durée inférieure à 4 mois. Cela n’est possible que si le salarié donne son accord exprès. Sans cet accord clair et formalisé, l’employeur ne peut pas réduire la durée minimale prévue.
Il est important de comprendre que la durée du congé de reclassement intègre ou dépasse le préavis, selon la situation. Si la durée du congé correspond au préavis, le contrat de travail prend fin à l’issue de celui-ci. Si le congé est plus long que le préavis, la rupture du contrat intervient à la fin du congé de reclassement. Ce point a un impact direct sur la rémunération et les droits associés.
Les meilleures pratiques observées montrent que la durée optimale dépend du projet poursuivi. Un retour rapide à l’emploi nécessite souvent quelques mois ciblés. Une reconversion ou une montée en compétences demande en général une durée plus longue. Le congé de reclassement offre cette souplesse encadrée tout en maintenant un cadre sécurisé pour le salarié.
Comment le congé de reclassement est-il mis en place ?

La mise en œuvre du congé de reclassement repose sur une procédure strictement encadrée par le Code du travail. Chaque étape a une fonction précise et conditionne la validité du dispositif. Ce formalisme vise à garantir vos droits et à sécuriser la transition professionnelle après un licenciement économique.
Consultation du CSE
La première étape consiste en la consultation du comité social et économique (CSE), lorsque l’entreprise en est dotée. L’employeur doit informer et consulter le CSE sur les modalités de mise en place du congé de reclassement dans le cadre de la procédure de licenciement économique. Cette consultation intervient en amont, avant toute proposition individuelle faite aux salariés concernés.
Information préalable du salarié
L’employeur doit ensuite assurer une information préalable claire et complète auprès du salarié. Cette information porte sur le principe du congé de reclassement, sa durée, son fonctionnement et ses conséquences. Elle est délivrée soit lors de l’entretien préalable au licenciement, soit lors de la dernière réunion du CSE lorsque plusieurs salariés sont concernés. L’objectif est que vous disposiez de tous les éléments pour prendre une décision éclairée.
Proposition écrite et délai de réponse
La proposition de congé de reclassement doit obligatoirement être formulée par écrit. À compter de la notification, vous disposez d’un délai de 8 jours calendaires pour répondre. Ce délai est strict. En l’absence de réponse dans ce laps de temps, le congé de reclassement est considéré comme refusé. En cas d’acceptation, le dispositif débute à l’issue de ces 8 jours.
Entretien avec la cellule d’accompagnement
Une fois le congé de reclassement accepté, un entretien avec la cellule d’accompagnement est organisé. Cet échange permet d’analyser votre parcours, vos compétences et vos perspectives professionnelles. Il sert à définir un projet réaliste, aligné avec le marché de l’emploi. Cette étape est déterminante, car elle conditionne la pertinence des actions mises en place par la suite.
Documents contractuels et engagements du salarié
Enfin, des documents contractuels sont établis et soumis à signature. Ils précisent notamment la durée du congé de reclassement, la rémunération prévue, les actions d’accompagnement et les engagements du salarié. En contrepartie du maintien du statut et du financement par l’employeur, vous devez participer activement aux actions définies. En cas de non-respect de ces engagements, l’employeur peut mettre fin au congé de reclassement.
Quelle rémunération pendant le congé de reclassement ?
La rémunération pendant le congé de reclassement dépend directement de la durée du dispositif par rapport au préavis. Le régime applicable n’est pas le même selon les situations. Cette distinction a un impact financier immédiat pour le salarié.
Rémunération si la durée du congé correspond au préavis
Lorsque la durée du congé de reclassement est égale à celle du préavis, vous percevez votre rémunération habituelle, dans les mêmes conditions que si vous aviez exécuté votre préavis.
Le contrat de travail se poursuit normalement. Les bulletins de paie sont maintenus. Les cotisations sociales continuent d’être versées sans modification.
Allocation mensuelle si le congé dépasse le préavis
Lorsque le congé de reclassement est plus long que le préavis, la rémunération prend la forme d’une allocation mensuelle versée par l’employeur. Cette allocation est strictement encadrée par la loi.
Elle ne peut pas être inférieure à :
- 65 % du salaire brut moyen perçu au cours des 12 derniers mois précédant la notification du licenciement ;
- 85 % du SMIC, ce seuil constituant un minimum légal incompressible.
Ces montants ne sont pas indicatifs. Ils constituent des planchers réglementaires que l’employeur est tenu de respecter. Chaque mois, une fiche de paie doit être remise, précisant le montant de l’allocation et son mode de calcul.
Ce qu’il faut comprendre concrètement
Il implique donc une baisse possible de revenus lorsque le dispositif dépasse le préavis. Cette baisse peut atteindre jusqu’à 35 % du salaire brut moyen selon votre niveau de rémunération antérieur. C’est un point clé à anticiper. En contrepartie, le salarié bénéficie d’un accompagnement financé, d’un maintien de la protection sociale et d’un cadre sécurisé pour préparer la suite de son parcours professionnel.
Quels sont les avantages du congé de reclassement ?
Le congé de reclassement présente plusieurs avantages concrets pour le salarié licencié pour motif économique. Ces bénéfices ne sont pas théoriques. Ils sont encadrés par la loi et ont un impact direct sur la sécurisation du parcours professionnel.
Un accompagnement personnalisé et structuré
Le premier avantage du congé de reclassement est l’accès à un accompagnement individualisé, assuré par une cellule spécialisée, le plus souvent externe à l’entreprise. Cet accompagnement débute par une analyse précise de votre parcours, de vos compétences et de vos objectifs. Il ne s’agit pas d’un suivi générique, mais d’un dispositif construit autour de votre situation réelle.
Des actions concrètes pour retrouver un emploi ou se reconvertir
Le congé de reclassement permet de bénéficier d’actions ciblées et opérationnelles. Cela inclut notamment des bilans de compétences, des actions de formation ou encore une validation des acquis de l’expérience (VAE). Ces leviers sont utilisés pour renforcer votre employabilité ou préparer un changement de métier dans un cadre sécurisé.
Un financement intégral par l’employeur
L’un des avantages majeurs du congé de reclassement est son financement intégral par l’employeur. Les actions d’accompagnement, de formation ou de reconversion ne génèrent aucun coût pour le salarié. Ce point est déterminant car il permet d’accéder à des dispositifs souvent coûteux sans impact financier personnel.
Le maintien des droits sociaux pendant toute la durée du dispositif
Pendant le congé de reclassement, vous conservez l’intégralité de vos droits sociaux liés au statut de salarié. Les droits à la retraite continuent d’être alimentés. La couverture en matière d’assurance maladie, maternité, invalidité et accidents du travail est maintenue. Cette continuité évite toute rupture de protection pendant une période déjà sensible.
Une rémunération garantie pendant le congé de reclassement
Enfin, le congé de reclassement garantit une rémunération pendant toute sa durée. Selon les cas, il s’agit soit du salaire habituel, soit d’une allocation mensuelle encadrée par des seuils légaux. Cette rémunération permet de sécuriser la situation financière à court terme et de se concentrer sur les démarches de retour à l’emploi ou de reconversion, sans basculer immédiatement dans l’incertitude du chômage.
Quels sont les inconvénients du congé de reclassement ?
Il offre un cadre protecteur, mais il comporte aussi des contraintes réelles qu’il est essentiel d’anticiper. Ces inconvénients sont connus, encadrés et doivent être intégrés dans votre décision.
Une baisse possible de la rémunération
Lorsque le congé de reclassement dépasse la durée du préavis, la rémunération n’est plus le salaire habituel. Elle devient une allocation mensuelle dont le montant peut être inférieur à votre rémunération antérieure. Cette allocation est fixée à au moins 65 % du salaire brut moyen des 12 derniers mois, avec un minimum légal de 85 % du SMIC.
Concrètement, cela peut représenter une perte de revenus significative, pouvant aller jusqu’à 35 % du salaire brut, selon votre niveau de rémunération. Cette baisse doit être prise en compte dans la gestion du budget personnel pendant la durée du dispositif.
L’interdiction d’exercer une autre activité rémunérée sans accord
Pendant le congé de reclassement, vous ne pouvez pas exercer une autre activité professionnelle rémunérée sans l’accord préalable de votre employeur. Cette règle vise à garantir votre implication dans le parcours d’accompagnement. Elle peut toutefois être perçue comme une contrainte, notamment pour les salariés qui envisagent une activité complémentaire ou une transition progressive vers l’indépendance.
Un engagement obligatoire dans le parcours défini
Il repose sur un engagement formalisé. Une fois le projet professionnel défini avec la cellule d’accompagnement et validé par les documents contractuels, vous êtes tenu de participer activement aux actions prévues. En cas de manquement ou de refus injustifié, l’employeur peut mettre fin au congé de reclassement.
Ce point distingue clairement le dispositif d’une simple période d’attente. Il est un outil actif, qui exige une implication réelle du salarié.
Congé de reclassement ou CSP : quelle différence ?
Le congé de reclassement et le contrat de sécurisation professionnelle (CSP) poursuivent un objectif similaire : accompagner le salarié après un licenciement pour motif économique. Pourtant, ces deux dispositifs sont fondamentalement différents dans leur fonctionnement, leur public et leurs conséquences concrètes.
La première différence tient à la taille de l’entreprise. Il s’applique uniquement dans les entreprises ou groupes d’au moins 1 000 salariés. En dessous de ce seuil, le dispositif légal applicable est le CSP. Le salarié n’a donc pas le choix entre les deux. Le cadre dépend exclusivement de l’effectif de l’entreprise.
La deuxième différence concerne le statut du salarié. Pendant un congé de reclassement, vous conservez votre statut de salarié jusqu’à la fin du dispositif. À l’inverse, dans le cadre du CSP, le contrat de travail est rompu rapidement et vous basculez vers un statut assimilé à celui de demandeur d’emploi, avec une indemnisation spécifique.
Le troisième point clé est la rémunération. Le congé de reclassement garantit soit le salaire habituel, soit une allocation mensuelle encadrée par des seuils légaux. Le CSP repose, lui, sur une allocation de sécurisation professionnelle, dont le mode de calcul et les montants diffèrent (à compléter : taux exact et plafond en vigueur).
Enfin, l’accompagnement n’est pas identique. Le congé de reclassement est financé directement par l’employeur et mis en œuvre par une cellule dédiée, souvent externe. Le CSP est piloté par France Travail (ex-Pôle emploi), avec un accompagnement renforcé mais dans un cadre différent.
Comparatif synthétique
| Critère | Congé de reclassement | CSP |
|---|---|---|
| Taille de l’entreprise | ≥ 1 000 salariés | < 1 000 salariés |
| Statut pendant le dispositif | Salarié maintenu | Demandeur d’emploi |
| Rémunération | Salaire ou allocation ≥ 65 % du brut | Allocation spécifique |
| Financement | Employeur | Assurance chômage |
| Objectif | Transition sécurisée | Retour rapide à l’emploi |
Ce qu’il faut retenir
Le congé de reclassement et le CSP ne sont pas deux options équivalentes. Ils répondent à des cadres juridiques distincts. Le premier privilégie la continuité du statut salarié et une transition progressive. Le second organise une sortie plus rapide de l’entreprise avec un accompagnement renforcé côté emploi. Le bon dispositif n’est donc pas celui que vous préférez, mais celui que la loi impose selon la taille de votre entreprise.
Synthèse : faut-il accepter un congé de reclassement ?
Le congé de reclassement n’est ni automatiquement avantageux, ni automatiquement contraignant. C’est un outil structuré, encadré par la loi, qui peut être très pertinent si votre situation s’y prête. La décision doit se prendre en évaluant objectivement les bénéfices et les contraintes, notamment sur le plan financier et sur votre projet professionnel.
